Je remercie Alexandre d’avoir accepté de partager cet échange.
Alexandre Orlowski a été champion du monde 2015 et champion d’Europe 2018 de voltige aérienne ‘’unlimited’’, champion du monde 2022 de voltige ‘’freestyle’’ et multiple champion du monde et d’Europe par équipe.
Bilan coaching Chi Performance
- Olivier : vu d’aujourd’hui j’aimerais que tu me rappelles la situation initiale qui a généré ton souhait de t’engager dans un coaching Chi Performance :
Alexandre Orlowski : Je savais que j’abordais ma dernière saison au top niveau de la voltige aérienne mondiale. À ce niveau là, à la fin, la performance se résume à des détails. Il y avait pour moi un enjeu de « maîtrise de ces détails ». Au fil de ma carrière, j’ai poli mon savoir-faire en m’entraînant et en assimilant de nombreux outils. J’avais envie d’un retour à plus de simplicité, d’unifier les pratiques et fluidifier mes efforts.
Ta proposition de travailler ensemble tombait donc à point nommé, d’autant plus que j’avais déjà pratiqué la méditation.
- Quels étaient les résultats espérés en faisant ce coaching :
AO : mon souhait était d’entrer dans la « zone » plus fréquemment.
- Concrètement dans quelle situation tu t’es aperçu que tu as atteint ou obtenu les résultats ?
AO : même si je n’ai fait qu’une seule compétition, j’ai été satisfait de mon niveau général dans cette compétition où nous étions 3 dans un mouchoir de poche. Ma 3ème place est une satisfaction. Aussi, je suis satisfait de la manière dont j’ai réussi les autres échéances importantes de mon année, en premier lieu, ma reconversion vers la Sécurité Civile (ndlr : pilote de Canadair). Je suis fier d’avoir bien négocié les entretiens de sélection ; ce sont des moments intenses où la pression est importante car nous avons tous envie de réussir et les places sont chères.
- Pour les résultats non obtenus à quoi le vois-tu ? et comment tu te l’expliques ?
AO : durant mon 3ème et dernier vol de compétition, je n’ai pas réussi certains gestes car ma pensée analytique était devenue dominante, « je pensais trop ». Je me revois en train de me dire « relâche », accepter le lâcher-prise et ainsi instantanément me recentrer. Accepter de « faire sans y penser ».
- Quelles ont été les découvertes, apprentissages et savoirs capitalisés ?
AO : toujours à propos de ce 3ème vol ; s’agissant de mon dernier vol en compétition, j’avais trop d’attentes sur la manière dont je voulais le vivre et en profiter. La réalité n’a pas correspondu aux attentes, notamment sur le plan émotionnel. Ce décalage a créé de la déception. Les attentes provenaient certainement de la volonté de reproduire un scénario du passé ou une idée préconçue de la manière dont les choses devaient se dérouler.
Aussi, j’ai un rapport à la difficulté qui a changé. Longtemps j’ai entretenu l’illusion qu’avec un travail de préparation mentale, j’aurais la capacité de supprimer la difficulté, supprimer ce qui est désagréable. Je me rends compte qu’un tel objectif est une chimère, une fuite. Au contraire, aujourd’hui, je prends conscience de la valeur du travail de reconnaissance, d’acceptation des émotions et ensuite de recentrage via la respiration pour mettre de côté la pensée analytique et permettre au geste juste et précis d’éclore. Même le jour J (surtout le jour J), il faut s’attendre à ce que certaines choses n’aillent pas comme on le voudrait.
Enfin, je ressens très humblement ce simple fait « d’être en train de marcher » sur le chemin. Il y a toujours des choses à apprendre, ce n’est jamais terminé. Voir les choses ainsi me donne de l’énergie pour la suite.
- Qu’est ce qui va être important pour toi de garder et maintenir à l’issue de ce bilan ?
AO : c’est un peu paradoxal : c’est avoir une meilleure conscience de moi-même (de la situation et des émotions), donc être moins en « mode automatique », tout en réalisant que justement, dès lors que la pensée analytique est dominante, cela inhibe la fluidité du geste. J’ai donc envie de plus d’auto-observation, d’être plus en prise avec moi-même.
- Qu’est ce qui a été important dans la relation de coaching ?
AO : j’ai apprécié les bénéfices d’une approche un peu différente. En acceptant de diffuser ce bilan, j’ai peut-être aussi à cœur l’idée de transmettre et partager mon expérience ; cela pourra peut-être servir à d’autres personnes qui doivent performer sous pression.
Marseille, décembre 2023
